Paint it, black ◊ Vlad&Alex
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Vladimir Skender
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MessageSujet: Paint it, black ◊ Vlad&Alex   Mar 7 Aoû - 15:51

Il erre. Sous la lumière ambrée des lampadaires, il déambule. Personne ne le voit vraiment. Personne n’est vraiment là, dehors. Ils sont tous derrière les vitres, devant leur télévision, sous la couette avec un livre. Lui, il est dehors. Il flâne comme une ombre, à peine plus bruyant à cause de ses souliers de qualité, du froissement délicat de son manteau taillé sur mesure. Le chaud, le froid, ça ne l’impacte plus depuis longtemps. Le temps non plus. Les émotions… accessoires, sauf lorsque la rage l’avale goulûment. La soif… oh la soif. C’est pour cela qu’il est dehors. Âme en peine. Âme en perdition. Pour ne pas la perdre un peu plus, pour ne pas s’affranchir totalement de ce fragment d’humanité qui s’accroche à lui comme un lambeau sanguinolent, il sort, il chasse, il boit. Il ne tue pas. Non. Il évite, quand la rage ne le saisit pas à la gorge. Œsophage enflammé.

Il grogne. Le bruit des rails est presque assourdissant. Il penche la tête, comme si ça pouvait atténuer ce son, ce vacarme. Il guette. Il épie. Dans le noir, tapis. À l’affut d’une proie. De quelqu’un que personne ne veut plus. Faible, abandonné, loin de l’attention de la société. La nausée le prend, parfois. Non pas à cause de cette nourriture de seconde main, mais bien par ces puissants qui oublient les faibles, qui détournent les yeux, loin. À une époque, il les avait plantés sur des pics, ceux qui traitaient mal son peuple. Mais ces Français n’étaient pas son peuple. Il ne ressentait rien pour cette race, ce bétail. Les Transylvaniens… C’était autre chose. Ce peuple, loin dans les montagnes et les plaines glacées.

Les freins grincent le métal, les étincelles sifflent. Le train en provenance de Marseille est arrivé en gare. Il passe par-dessus un grillage, ombre parmi les ombres. Son manteau ne souffre pas du barbelé. Il slalome entre les wagons, hume l’air en quête de sa proie. Il a l’impression de ne plus exister. Il grimpe sur le quai. Ses chaussures claquent sur la pierre. Ses yeux s’assombrissent, luisent légèrement d’or. Il doit se nourrir, sinon la rage, la soif… La perte de contrôle. Il vacille légèrement. Un des passagers le rattrape par automatisme alors qu’il passe à côté de lui. La veine qui pulse à son cou l’attire comme un papillon à une flamme. Il s’arrête, la regarde vibrer sous la peau, si proche, tellement accessible. Il croise le regard de l’homme, tout aussi inquiet qu’embêté. Le voyage de nuit n’a pas été reposant. Il veut juste retrouver son domicile, dormir, câliner sa femme. Non, ça ne sera pas sur lui qu’il se nourrira aujourd’hui.

Alors il s’éloigne, laisse l’homme à sa nuit qui s’achève. Il vient se poster contre le mur, près de la porte. Il observe les voyageurs. Il a l’impression de n’être plus lui-même. Il doit ressembler à un homme d’affaires ivre. Là, un regard fuyant. Des pas précipités. Un baluchon remonté sur une épaule… Oui. Ce garçon devrait faire l’affaire… Ou bien… son regard tombe dans celui d’une jeune femme. Il cligne des paupières, incertain de comment elle est arrivée là. Elle n’est pas descendue du train. Vient-elle chercher quelqu’un ? Il fronce légèrement les sourcils. Que fait-elle là ? Pourquoi a-t-elle attiré son regard ? Quand il se raccroche au reste du monde, il se rend compte que sa proie a disparu… et un grognement franchi la barrière de ses lèvres, à mi-chemin entre la faim et l’exaspération.

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MessageSujet: Re: Paint it, black ◊ Vlad&Alex   Mar 7 Aoû - 22:29

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Les prunelles dans la vague. La mort dans l'âme. J'erre. Les iris dans le ciel, le cœur lourd, j'inspire et expire tout en mordillant ma lèvre inférieure. Je la malaxe entre mes dents, la torture, la malmène. Mes pas me conduisent là où le vent me mène. J'ignore où je vais. Un frisson s'empare de ma nuque malgré la chaleur moite du sud. J'ai vaincu une créature. Je me traîne, les pognes dans les poches, le palpitant qui pulse si lentement que je me crois presque morte. Ce démon m'avait attaquée. Il allait tuer un être un humain. Un homme certes stupide, mais que je me devais de protéger. Alors pourquoi la culpabilité me ronge à ce point ? Pourquoi j'ai tellement envie d'hurler ? Je baisse mes iris sur mes tennis et mes guibolles à la repousse qui gratte. J'éclate une canette de pierre avant de me pencher pour la jeter moi-même dans une poubelle. Dans ce monde sublime qui part en dérive. Je revois la tête de requin pratiquement pulvérisée. Le sang gluant d'une couleur et une consistance inhabituelle. Les vampires partent en poussière. Ils sont techniquement morts.

La même question me trotte inlassablement en tête.

Avait-il une famille à nourrir ? J'ai bien appris que les démons avaient leurs propres bars. Tout est possible dans ce monde de tarés. Le train en provenance de Marseille est arrivé en gare. J'hausse un sourcil, lève mes iris et réalise que mes pieds m'ont menée jusqu'à la gare de Lyon. Tiens, c'est pourtant pas un coin où je zone habituellement... Je mordille à nouveau ma lèvre et replace correctement ma gratte sur mon épaule, toujours aussi bien protégée par son étuis. En vérité, ça doit être ma troisième gratte payée par Sébastian. Les démons me les bousillent toutes. Ma sœur m'avait offert la première... J'inspire à nouveau l'air moite et nauséabond, typique des gares, toutes régions et pays confondu-e-s. Quoi que, celles de Belgique sentent vachement plus la frite. Le grincement du train m'a même pas réveillée de ma torpeur. Je fixe les wagons. Les passants. Avec une vague idée saugrenue en tête. Un train qui fout le camp, ça fout le bordel, non ? Mes prunelles s'attardent ici et là sans jamais rien voir.

Jusqu'à ce que mes sens m'alertent.

J'élève le menton pour croiser le regard d'un brun calé contre un mur, près des portes du train en gare. Et je me détourne presque aussitôt, trop blasée, trop meurtrie. J'inspire. J'attends. Si le train fait assez de bruit pour me permettre d'évacuer, alors... Les minutes défilent et après un temps interminable, le train fait demi-tour vers Marseille. Visiblement, même à cette heure, les gens foutent le camp. J'hésite. Je mordille. Je baisse les yeux. Je serre les poings. Les dents. Jusqu'à ce qu'un couinement de métal hurlant motive mes cordes vocales. J'élève les iris, bascule la tête en arrière et hurle à plein poumon. Si fort que mes pauvres vocales habituées au chant m'en font mal. Tant pis, je me reposerai demain. Là, je vide mon sac. J'ignore si les gens m'entendent et me voient. Faut que ça sorte. Mon cri de terreur et de rage s'effrite au même rythme que le train qui décolle. J'ai même pas remarqué que je pleurais. Je renifle, lâche un rire nerveux, cinglé. Mes épaules tressautent et je recule pour m'effondrer sur le banc. Rire. Larmes. J'hésite entre les deux avant d'éclater en sanglot. La pudeur s'impose.

Je masque cette foutue faiblesse au monde et vautre mon visage humide dans mes mains ouvertes. Et je chiale, chiale, chiale...

Parce qu'à partir de maintenant, j'suis une foutue meurtrière.



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MessageSujet: Re: Paint it, black ◊ Vlad&Alex   Mar 7 Aoû - 22:50

Le train redémarre. Il a laissé passer sa chance. Les voyageurs ont quitté la gare, et il se retrouve tout seul sur le quai, près de la porte. Il n’a pas bougé d’un pouce. Quand les roues assaillent le rail, pourtant, au-delà du cri strident du métal sur le métal, il entend un cri. Un cri déchirant, qui doit certainement retourner les entrailles de la personne qui l’a poussé. Un cri qui fait écho à divers souvenirs chez le voïvode. Lui n’a jamais hurlé lorsqu’il a tué son premier homme. Les temps étaient différents, son éducation aussi. Il avait pourtant vomi, la première fois où il s’était nourri d’un homme. Malgré sa nouvelle nature qui l’imposait, il avait vomi, des bribes d’humanité s’accrochant à son esprit… Puis tout avait disparu dans un nuage de rouge fumé. Combien en avait-il semé, derrière lui ? Les visages s’estompaient. Il avait tué plus qu’à son compte avant même que la malédiction ne s’empare de son corps. Il avait parfois l’impression qu’il avait tué plus avant de devenir un monstre… du moins un monstre comme les superstitieux l’entendaient, car de monstre, il en avait toutes les qualités tout en restant homme.

Finalement, les derniers wagons s’égrènent vers le sud. De l’autre côté des rails, la demoiselle brune s’était laissé tomber sur un banc. Celle-là même qui l’avait distrait de sa proie. Elle oscille entre le rire et les larmes, des sanglots la secouent. Même depuis l’autre côté, le vampire la voit, l’entend. Quel événement s’était produit pour la chambouler à ce point ? Étrangement, Vlad ne se disait pas que ça faisait d’elle une proie facile. Enfin, étrangement pour les autres… car pour Vlad, ne pas se fier aux apparences était monnaie courante. Et puis… il ne s’attaquait pas aux faibles. À ceux qu’on ne regretterait pas, ça oui… mais pas les faibles. Il avait bien trop de dignité pour ça.

Il força une inspiration inutile dans ses poumons inertes et décolla du mur. Il se mouvait parmi les ombres comme s’il pouvait y disparaître et en ressortir ailleurs. Il pouvait presque en sentir la caresse sur son corps. Il avait soif, malgré tout. Il devrait se nourrir. Ce soir. Ou au pire le lendemain. Pas plus tard. Sinon il risquait la vie de mortels qu’il n’aurait pas choisis. Ses pas claquent sur la pierre. Il ne quitte pas la demoiselle des yeux, toute noyée à son chagrin. L’entend-t-elle seulement se rapprocher ? Sûrement. Y prête-elle attention ? Il n’en sait rien.

Plutôt que de traverser directement en descendant les rails, l’ancien voïvode trouve la passerelle qui enjambe le trou pour passer de l’autre côté. Le tout n’est pas de la faire fuir. Il sait que s’il déclenche la course-poursuite, la soif et la chasse prendront le dessus. Alors à la place, il s’intime une démarche maitrisée, calculée, jusqu’à s’arrêter près de la demoiselle. Peut-être voit-elle le bout de ses chaussures dans son champ de vision. De ses longs doigts, il tire doucement sur les pattes de son pantalon pour pouvoir s’accroupir sans tirer sur le tissu, puis il sort un mouchoir immaculé de sa poche pour le lui tendre.

Est-ce que tout va bien ? demanda-t-il doucement. Un autre que lui aurait sûrement pensé à un chagrin d’amour… mais si la brunette était à l’origine du cri qu’il avait entendu, malgré le couvert du train en accélération, il était clair que ce n’en était pas du tout la raison.

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MessageSujet: Re: Paint it, black ◊ Vlad&Alex   Jeu 9 Aoû - 11:40

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J'avais oublié ce que c'était. Pleurer à chaudes larmes. Une activité hors norme que j'évite d'exercer devant tout le monde, généralement. Je l'esquive tout court, d'ailleurs. Ma fierté morfle autant que mon palpitant. Même mon âme est meurtrie. Parce qu'à présent, je sais qu'elle existe bel et bien. Et j'ignore ce qui lui arrivera quand un démon plus malin et plus fort que moi parviendra à me liquider. La liqueur salée et humide coule entre mes doigts pour venir s'échouer contre mes jambes et mes tennis. Un hoquet incontrôlable m'échappe. Une impression d'étouffement s'empare de ma gorge et je sais que l'unique moyen de débloquer cette démangeaison infernale, c'est de pleurer un bon coup. Encore. J'évacue tout dans cette gare que je crois bien déserte. J'en ai les épaules qui tremblent et la voix qui déraille. Le trouble me cloue tellement sur place que je mets un moment avant de percevoir la présence d'un individu. Le sursaut et le hoquet qui m'échappent n'ont pas du tout l'air de le surprendre.

Le type du wagon.

Il était là. Il a tout vu. Mes joues trempées de larmes luisent sous le lampadaire, probablement souillée par mon foutu mascara. Je suis meurtrie. Pas à l'idée de ressembler potentiellement à un panda prit en flagrant délit, mais à celle d'être grillée en train de chialer comme une madeleine. Je renifle, recule légèrement sur mon banc et observe le type avec méfiance. Puis le mouchoir qu'il me tend. Le type. Le mouchoir. J'hésite longuement. Les gars qui traînent dans les coins presque désertiques en pleine nuit sont rarement de gentils garçons attentionnés. Une vérité rendue plus crue encore depuis que je connais l'existence des choses qui rôdent dans la nuit. J'avise la carne de sa peau sous la lumière artificielle. Il est un peu pâle, mais rien de bien choquant. On ne voit ses choses là qu'à la lueur du jour, généralement. J'ai pas mon pieu sur moi. Ni même une foutue eau bénite. Je me mords la lèvre, agacée par ma propre stupidité.

Il est peut-être trop bien fringué pour être un vampire.

Je renifle à nouveau, me redresse lentement et prend lentement le mouchoir, sans faire de gestes brusques. Je me fait l'effet d'un animal apeuré, ce qui change pas vraiment lorsque je chipe le mouchoir rapidement avant de me détourner pour me moucher et essuyer toutes traces éventuels de mascara. Encore une fois, c'est la pudeur des larmes qui me fait agir plus qu'une futile question de coquetterie. Un hoquet m'échappe et ma poitrine se serre au moment où je sens une nouvelle salve menacer. Pas cette fois. Pas devant lui. Je me racle la gorge et avise le mouchoir roulée en boule avant de pivoter vers le type. Inutile de préciser que répondre à sa question est complètement inutile et futile. Franchement, j'ai l'air d'aller bien, là ? Je me racle la gorge, redresse mon dos trop courbé et me décale légèrement sur le banc avant de serrer les dents.

Va bien falloir que je crache quelque chose.

« - Merci.

Voilà, c'est fait. Je pose le mouchoir à côté de moi. Qui utilise encore des mouchoirs en tissu de nos jours ? Un picotement sur ma nuque m'alerte. Je m'y ferai jamais, à ces sensations de détresse. Ma condition de pauvre mortelle n'a de cesse de me rappeler à l'ordre. Le petit panneau Alerte dans ma caboche s'allume presque constamment maintenant.

De la pure paranoïa, sûrement.

- … Vous, vous venez clairement pas d'ici, je me trompe ? Je marmonne en avisant le mouchoir, puis sa tenue.

Ou encore son visage émacié et sa stature élancée et large. Il a l'air d'avoir été forgé dans l'acier. Si ce mec est réellement une créature de la nuit, j'ai pas beaucoup de chances face à lui. Ma force ne m'aidera pas. Qu'est-ce qu'il dit déjà, l'observateur ? Ah oui, la ruse. J'ai un petit côté sanguin et revanchard très pratique, dans ces conditions là. Je lâche un foutu rire cynique. Bien jaune. Bien amer. Je secoue ma bouille encore humide de larmes salées et soupire longuement.

- Si on était dans un bar, je vous aurai probablement alpagué depuis longtemps. »

J'ai pas pour habitude de fermer ma gueule. Taire ce que je pense est une faculté qui me manque parfois cruellement. Mais je m'en contrefous.


- Là, j'ai juste envie d'être seule.» je lâche d'une voix enrouée et faible.

Je lui lance un regard lourd de sens, pour bien lui faire comprendre le message. Parce que c'est tout ce que je veux, ma solitude. D'ailleurs, je devrais rentrer. Je renifle encore un coup, bondit sur mes pieds en agrippant la hanse de mon étui à guitare et m'apprête à tourner les talons.

Mais ça, c'était avant d'entendre un capharnaüm pas possible suivit d'un cri masculin strident. Je me détourne, les sens en alerte, puis avise l'inconnu. Et si ce type était un mortel comme les autres ? Je retiens un juron entre mes dents avant de lui jeter l'étui à la figure pour faire diversion et fait volte-face pour me précipiter vers le bruit. J'ai la force, certes, mais pas l'agilité surnaturelle de la tueuse. Sauter de l'autre côté du quai étant impossible pour mes petites jambes de potentielles, je fonce droit vers le pont tout en priant pour avoir été assez rapide pour que le type n'est pas le temps de me voir à l’œuvre.


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MessageSujet: Re: Paint it, black ◊ Vlad&Alex   Ven 10 Aoû - 13:04

Ça faisait des siècles que Vlad n’avait pas pleuré. Des siècles qu’il avait étouffé une part de son humanité pour pouvoir continuer à avancer dans ce monde qui changeait si vite. Depuis la mort d’Ileana, il n’avait versé aucune larme. Il ne s’en sentait plus capable, lui qui avait, depuis ce jour, refusé de s’attacher à quiconque. Oh, il s’était rapproché de certaines personnes au fil de décennies, mais jamais au point de les pleurer. Il y avait eu Louis et Claudia… Mina aussi… mais tout restait de l’amitié, des points communs, des objectifs communs… des êtres qu’on ne pleurait pas si la vie prenait un chemin différent.

Pourtant, cette jeune femme que les sanglots secouaient… Sa détresse faisait écho dans son cœur mort. On ne pleurait pas une amourette de cette façon. Son tourment était plus fort que ça… même s’il avait vu bon nombre de gamines menacer du pire si « l’amour de leur vie » venait à les repousser. Malgré son approche prudente, la jeune femme sursaute et hoquète. Le regard qu’elle lui lance ressemble à celui qu’un cerf pris dans les phares d’une voiture… Ses joues sont humides et maculées de noir. Que pleure-t-elle ainsi ? Il avait pleuré la perte de son humanité en même temps que la mort de celle qu’il aimait.

Elle recule légèrement, mais il reste accroupi, le mouchoir tendu. Il ne fait pas un geste brusque, rien du tout. Il ne veut pas qu’elle fuie alors qu’elle est dans cet état. Bien sûr qu’elle hésite. Ils sont seuls, dans cette gare vide, la nuit luttant avec la lumière des lampadaires. Elle finit par s’approcher, s’emparer du mouchoir. Ils évoluent l’un avec l’autre comme deux bêtes sauvages qui se rencontrent, incertaines de savoir ce que veut l’autre, incertaines de la force que possède l’autre. Il baisse les yeux, lui laissant un semblant d’intimité alors qu’elle essuie ses larmes et se mouche.

Elle se racle la gorge plusieurs fois, avant de le regarder finalement, de prononcer un simple mot de remerciement. Il ne récupère pas le mouchoir, il en a d’autres. Il sourit, amusé, à la réplique qu’elle lui sort. Non, en effet. Il avait connu bien des pays, bien des époques… et, toujours, il semblait légèrement en arrière sur l’époque, sauf en ce qui concernait ses affaires. Elle se met à rire. Ces rires qui se mêlent à un reniflement sarcastique. Et il penche la tête sur le côté, curieux de cet acte soudain. Il reste silencieux pourtant, attendant qu’elle partage le fond de ses pensées. Un nouveau sourire étire ses lèvres alors qu’elle lui parle d’autres circonstances, d’une rencontre qui aurait pu avoir lieu à un autre moment. Amusé, flatté aussi… habitué. De nombreuses femmes cherchent à s’accrocher à son bras, pour une nuit, pour la vie, pour son physique ou bien son argent. Parfois, il se laisse aller à leur étreinte… D’autres fois… non. Il ne pouvait juste pas. Le fantôme d’Ileana le hante toujours, tour à tour dans son désir de le voir vivre pleinement son éternité, et dans son chagrin rageur… Il l’avait abandonnée pour une solution hypothétique au combat qui se jouait sous leurs fenêtres…

Le reste de ses mots le ramènent pourtant à la réalité. Il hoche la tête, déplie ses jambes pour se redresser. Bien sûr. Je ne voulais pas m’imposer. Elle finit par se lever, s’emparer de son étui à guitare, comme si elle allait le laisser là. Peut-être valait-il mieux, en vérité. Sa soif grondait toujours quelque part en lui, même s’il parvenait pour l’instant à la museler. Il allait devoir se nourrir malgré tout, cette nuit ou la suivant, sinon il ne donnerait pas cher du prochain humain qui croiserait son chemin.

Il ouvrit la bouche, prêt à lui dire d’être prudente, qu’un bruit sourd et un cri le devancent. So regard se porte dans cette direction, avant de croiser les prunelles de la demoiselle. Ces dernières brillaient de détermination, sa détresse semblait s’être envolée face à celle d’un autre être humain. Elle n’était clairement pas comme les autres. Les autres… ils auraient soit pris la fuite, refusant de s’impliquer dans la chose, soit se seraient approchés par pure curiosité morbide. Mais avant qu’il ne puisse songer plus à la question, la demoiselle lui jeta l’étui de l’instrument à la figure pour courir vers le bruit.

Vlad rattrapa facilement la guitare et passa la sangle sur son épaule avant de prendre, presque tranquillement, la même direction. Il attendit malgré tout qu’elle passe le pont, pour lui descendre sur les rails et remonter de l’autre côté. Si bien qu’il arrivait presque en même temps qu’elle à l’entrée de la ruelle. Il constata un homme en train de se faire attaquer. Pas par un autre humain cependant. La demoiselle ne ralentit pas pour autant. Faisait-elle partie de la police ? Avait-elle vu trop de Batman ou bien de James Bond et autres Mission Impossible pour se jeter ainsi face à un adversaire dont elle ne connaissait rien ?

Vlad craignait que la jeune femme ne se blesse, pourtant, elle semblait ne pas se débrouiller trop mal. Malgré tout, elle ne semblait avoir aucune arme sur elle pour combattre le suceur de sang. Il doutait aussi qu’elle possède suffisamment de force pour lui arracher la tête à mains nues… Et attendre le lever du soleil n’était pas envisageable. Alors Vlad décida de se mêler du combat, attrapant son semblable par la peau du cou pour l’envoyer valser contre un mur. Peut-être pourriez-vous vous occuper de notre prince en détresse ? fit-il avec un soupçon d’humour, même si, en vérité, il craignait de s’en approcher de trop, lui qui avait déjà deux trous dans la gorge. Le vampire sentait déjà l’hémoglobine lui chatouiller les narines…

Il se détourna alors pour faire face à l’autre, bien plus jeune que lui. Il agita son index sous son nez, dans un claquement de langue réprobateur. Il chuchota à son oreille quelques mots. Il y a des façons plus propres de se nourrir, mon ami… Pas besoin d’alerter tout le quartier. Même s’il pouvait comprendre la saveur de la peur. Parfois, il en rêvait encore, de tous ces soldats turcs dans lesquels il avait suscité une terreur sans nom sur le champ de bataille…

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